Link

Pour tout ceux qui ont la chance d’aller faire des photos dans la savane en Afrique, voici quelques conseils issus de mon expérience de 20 jours en Afrique du Sud et de 18 jours au Botswana.

11092010_LL00028

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/800s à f/4
ISO : 250

Je vais détailler les différents aspects importants :

  • l’équipement
  • La préparation
  • La lumière
  • La prise de vue
  • Couleur ou noir et blanc ?
  • un mot sur la post production

 

L’équipement

C’est un secret pour personne, pour les animaux, une longue focale est nécessaire. Attention toute fois à ne pas sacrifier le piqué lors de l’achat de l’objectif. Il vaut mieux un 200 mm avec un bon piqué qu’un 300 mm médiocre. Avec les capteurs, on peut de toute façon “cropper” dans la photo pour faire des gros plans. Personnellement, j’étais équipé du 70-200mm ISL f4.0 de Canon qui pour moi est un très bon objectif et d’un boitier Canon 5D mark ii. La version en f2.8 est encore meilleure mais le surpoids était pour moi rédhibitoire ..

La préparation

En Afrique du Sud (dans le parc Krüger notamment), j’étais seul avec ma famille pour chercher les animaux. Au Botswana, nous avions pris un guide pour nous aider et conduire le 4×4. Les avantages de prendre un guide sont nombreux : les guides voient beaucoup mieux les animaux que nous, ils sont connectés ensembles par radio et se refilent les bons tuyaux, ils connaissent très bien le comportement des animaux et n’hésitent pas à se rapprocher très près quand c’est possible. Et puis cerise sur le gâteau, pas besoin de se préoccuper de la conduire … Il m’est en effet arrivé de devoir faire une marche arrière rapide suite à un éléphant qui commençait à s’énerver … avec l’appareil photo dans les mains, c’est pas super pratique.

Un point important : le bush est très très poussiéreux et il est très difficile de changer d’objectif sans remplir le capteur de poussières; le matin, il faut donc choisir l’objectif et le garder toute la journée.. c’est là qu’un zoom apporte un peu plus de liberté qu’une focale fixe !

Au niveau des réglages, il faut préparer ses réglages “de base”, laisser l’appareil prêt à faire feu et attendre l’opportunité.  En général, j’utilisais une sensibilité entre 200 et 800 isos en fonction de la lumière et une ouverture aux alentours de f5.6 (en mode priorité à l’ouverture).  Le mode rafale doit obligatoirement être activé. En ce qui concerne la mise au point, je choisi un point de focus que je mémorise pour être prêt.

Pour trouver les animaux, le plus simple reste de trouver les points d’eau et d’attendre .. Avec un peu de chance, il y a aura un défilé d’animaux sauvages : impalas, éléphants, fauves (plus rare) et bien sûr oiseaux en tout genre.

La lumière

On dit toujours qu’il faut faire les photos au petit matin ou au crépuscule. Cela tombe bien, c’est exactement à ce moment que les animaux sauvages sont les plus actifs. La difficulté vient souvent de l’emplacement des animaux qui préfèrent l’ombre. On se retrouve donc souvent dans une situation où les sujets sont à l’ombre de buissons et entourés de zones baignées de lumière forte. Dans ce cas, il faut faire très attention à la balance des blancs au risque d’avoir une température de couleurs vraiment trop basse (problème que l’on peu régler en post production). En faisant des cadrages sérés, c’est relativement simple .. mais dès qu’on écarte un peu, attention à la sous exposition !

La prise de vue

La prise de vue dépend beaucoup des animaux .. le point positif c’est que souvent, on a le temps, voire vraiment le temps. Par exemple, les félins et notamment les léopards sont très lents (quand ils ne chassent pas). Une fois repéré (dans un arbre en bordure d’une grande étendue en général), il faut caler son appareil photo (sur le bord de la fenêtre d’un véhicule, c’est parfait), préparer sa mise au point au mm et attendre qu’il bouge ! Ca peut durer des heures .. de temps en temps, le fauve se met à bailler ce qui permet de faire de belles photos du fauve la bouche ouverte. Mais attention à l’autofocus qui a tendance à se perdre dans les branchages quand l’animal est partiellement caché. La meilleure solution que j’ai trouvé (avec le 5D mark ii) est de passer en focus manuel, se mettre en mode vidéo, zoomer en x10 sur la partie intéressante et faire la mise au point à la main. Ensuite, repasser en mode photo, ne pas bouger et dès que le fauve bouge, appuyez sur le déclencheur en rafale !

En terme de composition, les règles de base (règle des tiers, grande ouverture pour isoler le sujet, triangles) fonctionnent bien.

Pour les gros animaux (éléphants, hippos, rhinos) en gros plans, je faisais la mise au point sur l’œil, comme on le fait pour les portraits.

Les oiseaux posent pas mal de problèmes, ils sont rapides et sont en général entourée du ciel très lumineux (quand ils sont en l’air).  Il faut donc s’adapter. En mode matriciel, je faisais une correction d’exposition de +1 a 1.5 stop et j’augmentais la sensibilité pour avoir un temps d’exposition très court. L’idéal est de préprogrammer les touches personnelles de l’appareil photo (C1, C2, C3 chez Canon) pour changer rapidement tous les paramètres en fonction de ce que l’on voit.

Couleurs ou noir et blanc ?

Question de gouts diront certains .. personnellement j’aime bien faire des noirs et blancs avec les gros animaux gris et en particulier les éléphants. Pour le reste, les couleurs de la savane au couché du soleil sont superbes.

La post production

Le plus important reste la balance des blancs.. pour donner du punch aux couleurs, un peu de “vibrance” ne fait pas de mal. Ensuite, pour les gros plan, on peu améliorer la “netteté” et/ou rajouter un peu de “clarté”.

Le recadrage permet d’améliorer la composition ou de faire un gros plan en cas de focale un peu faible.

Maintenant, voici quelques exemples avec les paramètres d’ouverture, de temps d’exposition et de sensibilité (cliquez sur les photos pour les agrandir). Si vous avez des questions, des observations ou des conseils, n’hésitez pas à laisser un petit commentaire. j’y répondrai avec plaisir.

06092010_LL00019

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/1250s à f/4
ISO : 400

06092010_LL00143

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/2000s à f/7.1
ISO : 400

06092010_LL00173

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/1600s à f/7.1
ISO : 640

06092010_LL00329

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/200s à f/7.1
ISO : 200

07092010_LL00323

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/2000s à f/6.3
ISO : 400

08092010_LL00085

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/800s à f/5.6
ISO : 250

09092010_LL00159

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/160s à f/5.6
ISO : 200

09092010_LL00187

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/200s à f/7.1
ISO : 250

10092010_LL00063-2

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/500s à f/4
ISO : 400

12092010_LL00015-2

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/640s à f/5.6
ISO : 200

12092010_LL00132

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/2000s à f/4
ISO : 640

13092010_LL00146

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/200s à f/5.6
ISO : 640

14082010_LL00096

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/320s à f/4
ISO : 250

15092010_LL00038-2

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/400s à f/5.6
ISO : 400

16092010_LL00102

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/3200s à f/4
ISO : 400

16092010_LL00196

Boitier : Canon 5D Mark II et 70-200mm f.4 ISL
1/3200s à f/5.6
ISO : 320